Comment la fidya contribue à nourrir les enfants vulnérables

Trois enfants assis partageant un repas chaud dans un espace communautaire
181 millions. C’est le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui vivent en situation de pauvreté alimentaire sévère dans le monde, selon l’UNICEF. Un enfant sur quatre. Face à cette réalité, chaque geste compte. Votre fidya, cette compensation versée lorsque vous ne pouvez pas jeûner, ne reste pas un simple montant abstrait. Elle devient un repas chaud servi à un enfant qui en a besoin. Vous vous demandez comment votre don de quelques euros parvient réellement jusqu’à l’assiette d’un enfant vulnérable ? Les pages qui suivent retracent ce parcours, étape par étape, pour que vous puissiez voir exactement où va votre argent et quel impact il produit.

La fidya : transformer une obligation spirituelle en repas pour les enfants

Chaque campagne Ramadan révèle l’ampleur des besoins. En 2024, le Secours Islamique France a servi plus de 46 000 repas aux personnes en grande précarité lors de ses Tables du Ramadan à Saint-Denis. Parmi les bénéficiaires, de nombreux enfants issus de familles démunies. Ces chiffres montrent comment les dons de fidya se transforment en aide alimentaire concrète sur le territoire français et au-delà.

1fidya

= 1 repas complet pour 1 enfant vulnérable

Le principe est simple. Lorsqu’une personne ne peut pas accomplir le jeûne du Ramadan pour raison de santé permanente, d’âge avancé ou de grossesse, elle verse une compensation alimentaire pour chaque jour non jeûné. Cette fidya équivaut au coût d’un repas offert à une personne dans le besoin. Le montant varie selon les organisations collectrices : le Conseil théologique musulman de France l’a fixé à 5 euros par jour pour 2025, tandis que d’autres organisations comme le Secours Islamique France maintiennent une collecte à 9 euros.

Bénévole versant du riz dans des contenants de distribution
Préparation des repas dans une cuisine humanitaire partenaire

Ce qui distingue cette pratique, c’est le lien direct qu’elle crée entre spiritualité et solidarité. Vous accomplissez votre obligation religieuse tout en participant à la lutte contre l’insécurité alimentaire des enfants. D’après le rapport UNICEF 2024, ces enfants en pauvreté alimentaire sévère présentent un risque 50 % supérieur de souffrir d’émaciation, une forme potentiellement mortelle de malnutrition. Votre geste contribue à briser ce cercle.

Fidya et Kaffara : quelle différence ?

La fidya compense une incapacité définitive de jeûner (5 à 9 € par jour selon l’organisation). La kaffara expie une rupture volontaire et injustifiée du jeûne : elle représente 60 jours de nourriture, soit environ 540 €. Les deux alimentent les mêmes programmes de distribution, mais répondent à des situations spirituelles distinctes. Créer un environnement alimentaire sain pour enfants devient ainsi une mission partagée entre donateurs et ONG.

Du don au repas : le parcours de votre fidya jusqu’à l’assiette d’un enfant

Où va réellement votre argent ? Cette question légitime mérite une réponse transparente. Les équipes terrain des ONG ont mis en place des processus rigoureux pour garantir que chaque euro versé atteigne effectivement les bénéficiaires. Sur le terrain, les distributions montrent concrètement comment s’opère cette transformation du don en aide alimentaire.


  • Don effectué sur la plateforme de l’ONG

  • Consolidation des fonds et planification logistique

  • Achat des denrées auprès de fournisseurs locaux

  • Préparation des repas dans les cuisines partenaires

  • Distribution aux enfants dans les zones d’intervention

Ce processus, observé lors des campagnes Ramadan, garantit une traçabilité du don jusqu’à son aboutissement. L’achat auprès de fournisseurs locaux permet aussi de soutenir l’économie des zones d’intervention tout en réduisant les coûts de transport. Chaque repas distribué inclut protéines, féculents et légumes pour couvrir les besoins nutritionnels essentiels des enfants.

Enfant recevant un plateau-repas des mains d'un bénévole
Distribution de repas lors d’une campagne humanitaire

Cas concret : famille bénéficiaire, camp de réfugiés

Une famille de quatre enfants vivant dans un camp de réfugiés a reçu quotidiennement un repas complet pendant les 30 jours du Ramadan 2024. Cette distribution régulière a permis de couvrir leurs besoins nutritionnels pendant toute la période de jeûne familial. Les parents, eux-mêmes en situation de précarité, ont pu concentrer leurs maigres ressources sur d’autres besoins essentiels.

À l’échelle mondiale, le Programme Alimentaire Mondial a assisté 124,4 millions de personnes en 2024 et distribué 16,1 milliards de rations quotidiennes. Ces chiffres donnent la mesure de l’effort humanitaire global dans lequel s’inscrit votre fidya. Chaque don, même modeste, s’ajoute à cette chaîne de solidarité internationale. Si vous souhaitez contribuer directement à cette action, vous pouvez dès maintenant faire votre don : je fais un don de fidya ou kaffara.

Agir maintenant : calculer et verser votre fidya pour nourrir ceux qui en ont besoin

Quelques minutes suffisent. C’est tout. Le geste paraît simple, presque dérisoire face à l’ampleur des besoins. Pourtant, multiplié par des milliers de donateurs, il génère un impact considérable. Votre fidya ne représente pas seulement une obligation religieuse accomplie : elle incarne une solidarité concrète envers les enfants les plus vulnérables.

Étapes pour calculer et verser votre fidya

  • Comptez le nombre de jours non jeûnés pendant le Ramadan
  • Multipliez par le montant fixé (5 à 9 € selon l’organisation choisie)
  • Accédez au calculateur en ligne de l’ONG sélectionnée
  • Validez votre versement et conservez le justificatif

Le montant de la fidya varie selon les organisations collectrices. Selon les informations du CTMF, le montant 2025 s’établit à 5 euros par jour non jeûné, avec une recommandation d’aller jusqu’à 10 euros pour les personnes disposant de revenus confortables. D’autres organisations maintiennent un montant de 9 euros. Cette flexibilité permet à chacun de contribuer selon ses moyens tout en respectant l’esprit de la compensation alimentaire.

Dans ma pratique de rédacteur couvrant les campagnes humanitaires depuis plusieurs années, je constate que les donateurs qui visualisent le parcours de leur don s’engagent plus durablement. La transparence des ONG sur l’utilisation des fonds renforce cette relation de confiance. Chaque repas servi à un enfant représente bien plus qu’une ration alimentaire : il incarne la solidarité entre communautés.

Les enjeux de sécurité alimentaire dépassent largement le cadre du Ramadan. En France comme ailleurs, la question de l’alimentation des enfants vulnérables reste centrale. Pour approfondir cette réflexion, vous pouvez consulter les ressources sur la sécurité alimentaire dans les cantines scolaires.

La vraie question maintenant : combien de jours non jeûnés avez-vous à compenser cette année ? Le calcul prend une minute. L’impact dure bien plus longtemps.

Julien Mercier, rédacteur spécialisé en solidarité internationale et pratiques religieuses depuis 2018. Il a couvert plus de 50 campagnes humanitaires liées au Ramadan pour différentes ONG françaises, dont 15 missions terrain en zones de distribution alimentaire. Son expertise porte sur le lien entre obligations religieuses islamiques, mécanismes de collecte caritative et impact sur les populations vulnérables. Il collabore régulièrement avec des organisations musulmanes et des acteurs de la sécurité alimentaire.

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